Sa-biographie 14 janvier
« On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait ».
Nicolas Bouvier : un nom désormais synonyme de voyage ! Qui, parmi nous, n’a souhaité un jour partir sur les traces de Marco Polo pour découvrir l’Orient ? Constantinople, Chiraz, le Kyber-Pass, Colombo, Kyoto… Tous ces noms, et bien d’autres encore, ont fait rêver Nicolas Bouvier lorsqu’il était enfant, et l’ont incité à décamper. Vers l’est bien sûr, vers l’Orient mythique, pour découvrir les origines de l’humanité, et les musiques qu’il compare aux « perles d’un rosaire ».
Il part donc dans les années cinquante, à vingt-quatre ans, avec Thierry Vernet, un ami peintre : ils traversent ensemble la Yougoslavie, la Grèce, la Turquie, l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan. A partir de là, les deux amis se séparent et Bouvier poursuit seul son voyage en Inde ; de Ceylan, il prend le bateau pour le Pays du Soleil levant, terminus de son voyage qui aura duré trois ans en tout. Ce long voyage, Nicolas Bouvier l’a raconté dans quatre livres, devenus des best-sellers de la littérature de voyage : L’Usage du monde, Le Poisson-Scorpion, Chronique japonaise et Journal d’Aran et d’autres lieux.
Il revient de ses voyages usé, fourbu. « Amer savoir, celui qu’on tire du voyage » (Baudelaire) ? Certes, mais écoutez-le aussi chanter les beautés du monde : son regard plissé de malice ressemble à celui d’un enfant émerveillé par tout ce qu’il a vu.
Que retenir de Nicolas Bouvier ? Un voyageur bien sûr. Mais un écrivain également, qui n’a pas son pareil pour décrire le chant du loriot, les sourires, les parfums, les cambrures des femmes, les samovars, les regards, les nuages, le temps qui passe…
Et une philosophie de la vie également, qui n’est pas sans rappeler celle de Montaigne : « frotter et limer sa conscience à celle d’autrui », pour mieux comprendre l’Autre, mieux comprendre la vie, à la fois absurde et cocasse, essayer de rendre celle-ci plus douce, et s’effacer pour mieux habiter le monde.





