Le-programme-du-colloque

Vendredi 4 avril

L’espace du Monde

Président de séance : Mme le Professeur Doris Jakubec, université de Lausanne

9h Accueil

9h30 Mme Eliane Bouvier, épouse de Nicolas Bouvier

Lecture de poèmes

9h45 Jean-François Guennoc, université Paris IV

Nicolas Bouvier ou l’entreprise humaniste : un art du monde intempestif

10h15 Jean-Yves Guéguéniat, Brest

Le dépouillement et le dépassement de soi-même

10h45 Nadine Laporte, université de Pau

L’usage du monde, l’usage des livres, pour une littérature vagabonde

11h15 Pause

11h30 Alain Kervern, université de Brest

    • Poésie et pèlerinage : le sentiment de l’impermanence dans le Japon ancien. Deux poètes pèlerins et leur conception de l’universelle précarité de toute chose

12h Frédéric Lecloux, Nyons

    • L’Usure du monde : un an en famille et en images sur les routes de L’Usage du monde

L’espace intérieur

Président de séance : M. Michel Le Bris, fondateur du festival « Étonnants voyageurs »

14h Anne Marie Jaton, université de Pise

Nicolas Bouvier, « je » et « les autres »

14h30 David Le Breton, université de Strasbourg II

Usage du monde, usage des sens

15h Aline Bergé, université Paris III

Le Japon dans les plis : autobiographie, ethnographie et histoire

15h30 Stéphane Pétermann, université de Lausanne

    • De la lettre à l’épisode de récit : expérience et (ré)écriture dans Le Poisson-Scorpion

16h Pause

16h30 Ingrid Thobois, Paris

En voyage sur la route de L’Usage du monde. Une expérience singulière de

passage « derrière le miroir » de l’œuvre de Nicolas Bouvier

17h Hervé Guyader, université de Brest

    • L’écriture de la souffrance chez Nicolas Bouvier ou la pratique d’une ascèse spontanée

Samedi 5 avril

L’espace de la page

Président de séance : Mme le Professeur Anne Marie Jaton, université de Pise

9h Doris Jakubec, université de Lausanne

Nicolas Bouvier ou l’écriture à l’établi : « coudre le cuir du langage »

9h30 Michel Le Bris, La Couyère

De Robert-Louis Stevenson à Nicolas Bouvier : l’usage de la littérature

10h Olivier Hambursin, Institut Libre Marie Haps, Bruxelles

    • « Au début du voyage il y avait ». Étude comparée des premières pages de Journal d’Aran et d’autres lieux et de Chronique japonaise

10h30 Pause

10h45 Marlyse Pietri, directrice des Editions Zoé (Genève)

Témoignage sur son travail d’éditrice

11h15 Film de Frédéric Lecloux : L’Usure du monde

Lecture de textes par Mme Eliane Bouvier

***

Autres manifestations culturelles sur Nicolas Bouvier organisées à Brest

Mercredi 2 avril 2008 18h

    Rencontre entre Hervé Guyader (L’Oreille du voyageur. Nicolas Bouvier, de Genève à Tokyo, Zoé), Frédéric Lecloux (L’Usure du monde, Le Bec en l’Air) et François Laut (L’œil qui écrit, Payot).

    Librairie Dialogues – Forum Roull

Jeudi 3 avril 2008 20h30

    Création de la pièce connivences secrètes par les étudiants de l’UBO du cours de théâtre de Valéry Rybakov, Les Tigres aux dents de Fables

    Spectacle expérimental d’après l’œuvre photographique de Nicolas Bouvier

    Faculté Victor Segalen – Amphithéâtre Guilcher

4 avril-4 juillet 2008

    Exposition Nicolas Bouvier et la musique de Genève à Tokyo. Partitions d’une vie

    Bibliothèque municipale de Brest, 22 rue Traverse

Vendredi 6 juin 2008 21h

    Spectacle de musique Siranghi avec le groupe Khareji (« étranger » en perse)

    Cabaret Vauban, 17 avenue Clémenceau



Une-interview-de-notre-Président

Dès demain, sera disponible en ligne une interview d’Hervé Guyader,

notre Président!

 

Pour la lire, il vous suffit de vous rendre

sur le site du Pérégrin genevois,

en cliquant ici!



spectacle-musical

Sur les traces musicales de Bouvier…

Un spectacle de musique intitulé Siranghi

avec le groupe Khareji (« étranger » en perse),

aura lieu au Vauban à Brest

le vendredi 6 juin 2008.

 

 

Ces musiciens ont effectué le voyage musical

de Bouvier dans le même état d’esprit que lui :

ainsi, ils se sont rendus jusqu’en Turquie en

prenant à chaque fois le temps de s’arrêter

dans les villages. Cette lenteur voulue leur a

permis de découvrir les musiques populaires lors

des baptêmes et des mariages, et de s’initier

aux instruments de musique traditionnels.

Certains musiciens rencontrés en cours de

route, lors de concerts improvisés dans les

cafés ou sur les places publiques, font

désormais partie du groupe Khareji



L’Oreille-du-voyageur

L’Oreille du voyageur

 

Un livre d’art, intitulé L’Oreille du voyageur.

 

Nicolas Bouvier, de Genève à Tokyo, est à

 

paraître aux éditions Zoé.

La musique occupe en effet une place

essentielle dans la vie et l’oeuvre de Nicolas

Bouvier. Pour lui, la musique est souveraine.

Ce livre explore l’univers musical tel que l’a

parcouru le voyageur, avec un accent particulier

sur le Japon.

Musicologues et critiques littéraires

présentent les diverses facettes des musiques –

classiques, traditionnelles ou populaires – que

Nicolas Bouvier a enregistrées et aimées.

Les musiciens et les instruments de musique

ont fasciné le photographe passionné de l’instant

que fut Bouvier. Ses photographies évoquent

avec intensité le rapport intime et concentré –

mains et visages – de la musique en train de se

faire et de se donner.

De courts textes de Nicolas Bouvier, relevés

dans ses carnets de route ailleurs ou ici,

permettent de saisir des moments de grâce que

la musique tient ensemble et que les mots et les

images de l’écrivain éclairent. Faire et vivre de

la musique, en mourir, tel fut le rêve de Nicolas

Bouvier qu’il nous a laissé en partage.

 

Par ailleurs, un CD est inclus dans le livre. Dans un entretien qu’il a accordé en 1996 (« L’Usage de la musique: entretien avec Nicolas Bouvier »), Bouvier évoque son amour de la chanson française, des musiques du monde, du jazz, et de la musique classique ; dans un autre entretien datant de 1976 (« Musiques folkloriques d’Extrême-Orient »), Bouvier parle des musiques japonaises. Ces deux entretiens proviennent des archives de la Radio Suisse Romande.

Une exposition, intitulée Nicolas Bouvier et la musique, de Genève à Tokyo. Partitions d’une vie, aura lieu à la Bibliothèque municipale de Brest, du 4 avril au 4 juillet 2008.

Elle va présenter la vie de Nicolas Bouvier à travers l’angle de la musique. Cette exposition accueillera des photographies de Nicolas Bouvier, prêtées par le Musée de L’Elysée de Lausanne : la plupart sont inédites. On y verra notamment des photos prises au cours de voyages dont Bouvier n’a jamais parlé – Bali, Thaïlande, Indonésie -, et qui représentent des musiciens, des gamelans, des orchestres, des ballets, ainsi que des autoportraits. Il y aura également des documents manuscrits et tapuscrits prêtés par la Bibliothèque de Genève (carnets de voyage, partitions, lettres), qui dévoilent un Nicolas Bouvier intime, mélomane, musicien, ainsi que les bobines du Nagra et l’accordéon de L’Usage du monde: ces derniers objets sont prêtés par Mme Eliane Bouvier.



connivences-secrètes

Les étudiants de l’UBO

du cours de Théâtre de Valéry Rybakov,

Les Tigres aux dents de Fables,

présentent

connivences secrètes

Un spectacle expérimental d’après l’oeuvre

photographique de Nicolas Bouvier. La création

de cette pièce aura lieu à la Faculté Segalen le

jeudi 3 avril 2008.

Décongeler la vie enregistrée sur la pellicule

pour la faire vibrer aujourd’hui au gré des

envies, des illusions, des visions de jeunes qui

ont le même âge que ce grand écrivain voyageur

quand il choisit d’aller à la rencontre de

l’ailleurs.

Le dehors et le dedans… l’état nomade…

l’appétit de l’essentiel… la légèreté de

l’ombre… la course des nuages… les barrières de

papier… les murs de solitude… la musique de

l’eau… les soupirs… les rires…

 

Un spectacle poétique, onirique, entre la

pantomime, la danse et la comédie, parce que la

vie est tout cela à la fois.

 Valéry Rybakov est né à Sverdlovsk en 1953. Metteur en scène et pédagogue, il est diplômé de l’Institut de la Culture de Ekaterinbourg et du GITIS de Moscou où il a suivi pendant cinq ans l’enseignement de Ravenski, élève et assistant de Meyerhold. Son travail s’inscrit autant dans la tradition de l’école russe que dans la recherche d’un langage scénique singulier. Il a mis en scène une cinquantaine de spectacles en Russie, en Suisse, aux Pays-Bas et en France et formé plus de trois cent comédiens. Il assure actuellement un cours d’art dramatique à l’UBO, divers stages et ateliers au musée des Beaux-Arts de Brest et à la Maison du Théâtre. Parallèlement, il monte une pièce d’Oleg Bogaïev avec trois comédiens brestois qui sera jouée à Saint-Pétersbourg cet été dans le cadre d’un festival international.



Débat-autour-de-Bouvier

        Mercredi 2 avril 2008 à 18h, la librairie Dialogues organise un débat entre François Laut, qui vient de publier la biographie de Nicolas Bouvier (« L’Oeil qui écrit », Payot/Voyageurs), Frédéric Lecloux, qui va évoquer son voyage sur les traces de Bouvier (« L’Usure du monde », Le Bec en l’Air), et Hervé Guyader, pour parler du livre « L’Oreille du voyageur. Nicolas Bouvier de Genève à Tokyo » (Zoé), ainsi que de l’exposition consacrée à Bouvier qui se tiendra à la bibliothèque municipale du 4 avril au 4 juillet 2008.



Le-colloque

Colloque « Nicolas Bouvier: espace et écriture »

4 et 5 avril 2008 (Amphithéâtre Guilcher, Université de Bretagne Occidentale)

Centre d’Etude des Correspondances et des journaux intimes des XIXe et XXe siècles

(entrée libre)  

- Eliane Bouvier (Genève)


- Aline Bergé (Paris-III, CRNS) : « Le Japon dans les plis : autobiographie, ethnographie et histoire ».

Du Japon de 1967 à la Chronique japonaise (1975/1989), Nicolas Bouvier réinvestit et redéfinit le partage entre autobiographie, ethnographie et histoire qui marque et singularise son écriture. On montre dans cette étude que la première édition posthume des Carnets du Japon (Le Vide et le Plein, 2004) invite le lecteur à entrer dans la fabrique de ces livres pour y mieux entendre et réévaluer les enjeux de cette partition entre des orientations de son écriture que lient ou séparent des relations tendues de contradiction et de complémentarité. On verra que c’est dans une suite de notes hantées par les échanges possibles ou manqués entre le dehors et le dedans que cette partition se cherche, entre les territoires réels et imaginaires des lieux parcourus et les terres mouvantes de l’écriture, entre le présent et le passé, entre vision et rétrospection, entre prose et poésie : dans les plis du Japon.

- Jean-Yves Guéguéniat (Brest) : « Le dépouillement et le dépassement de soi-même ».

« Nous nous refusons tous les luxes sauf le plus précieux : la lenteur ». En tant qu’usager du monde, je parlerai des nombreuses vertus du voyage à pied et notamment celle de « purger la vie avant de la garnir ».

Pour illustrer cette philosophie de Nicolas Bouvier, je parlerai d’un voyage initiatique de cinq mois sur la Route de la Soie effectué au rythme lent du pas du chameau mais aussi du voyage touristique qui me permet, en toute modestie, de garnir la vie de certains voyageurs qui ont oublié de la purger.

- Jean-François Guennoc (Paris-IV, CRLV) : « Nicolas Bouvier ou l’entreprise humaniste : un art du monde intempestif ».

Etudier l’œuvre de Nicolas Bouvier dans un souci d’exhaustivité en prenant en compte ses écrits, ses photographies, son travail d’iconographe, c’est reprendre les pistes énoncées dans le Cahier d’Europe Centre Orientale et lors du colloque de Pau qui s’intéressaient déjà à cette autre partie visuelle, c’est aussi prolonger les questions posées par Daniel Maggetti qui s’interrogeait sur l’apparente distinction entre les deux versants de l’écriture de Nicolas Bouvier, la prose et la poésie. C’est finalement tenter de trouver – tout est dans la tentative – le nœud, la direction ou la matrice, pour ne pas dire la cohérence – justement ne pas la dire – entre toutes ces facettes, bref, essayer diverses formules pour dire le projet de cet Usage du monde continué sur près d’un demi siècle. Grâce à des éléments d’histoire littéraire et artistique, à des considérations sur la pensée de l’image implicite à son oeuvre, et à des rapprochements avec d’autres hommes de plume et à la caméra, nous tenterons de démontrer la pertinence de cette visée humaniste dans le grand œuvre tenté par le pérégrin genevois.

- Hervé Guyader (UBO, Brest) : « L’écriture de la souffrance chez Bouvier, ou la pratique d’une ascèse spontanée ».

Un des éléments qui frappe le lecteur de Nicolas Bouvier, c’est la grâce et la finesse de son écriture. Cette apparente facilité ne doit pas nous faire oublier que, pour parvenir à cette espèce de perfection, l’écrivain doit au préalable payer son tribut de chair à Shylock. Cette opération de réduction de soi lui permettra, peut-être, de se libérer de ses « scories » et de se dépouiller de toute trace d’ego. Nous tenterons de comprendre en quoi cette ascèse est si nécessaire à Bouvier.

- Olivier Hambursin (Université Libre Marie Haps, Bruxelles) : « Au début du voyage, il y avait… ». Etude comparée des premières pages de Journal d’Aran et d’autres lieux et de Chronique japonaise.

L’incipit du roman passe pour être un lieu de puissante signification, en ce qu’il concentre et programme en général la suite du texte : thématique, point de vue narratif, tendance stylistique, accroche et séduction, ancrage référentiel, etc. Qu’en est-il du récit de voyage et plus particulièrement des textes de Nicolas Bouvier ? Observer avec minutie les premières pages de Journal d’Aran et d’autres lieux et de Chronique japonaise permet d’éclairer et de confirmer la dimension hautement littéraire et artistique de son œuvre. En effet, partant du principe que « tout signifie sans cesse et plusieurs fois » (Barthes), on peut prendre le soin, le temps, le plaisir d’examiner ces quelques premiers mots et phrases, de mettre au jour leur agencement subtil et découvrir alors que les termes choisis, leur ordre d’apparition, la composition du texte, sa disposition, son rythme condensent tout l’art de Bouvier : prédilection pour un voyage lent et curieux, ouverture au monde et aux autres, mais aussi aux lectures qui tentent de décrire ce monde, exploitation de divers genres littéraires, pratique de la disparition, sens de la métaphore, curiosité pour l’au-delà des apparences, attention au vide et au plein, etc.

- Doris Jakubec (Centre de recherches sur les lettres romandes, Lausanne) : « Nicolas Bouvier ou l’écriture à l’établi : « coudre le cuir du langage » ».

Bouvier avait une conception artisanale, anti-démiurgique, modeste, de son « travail de plumitif », à la fois activité physique et acte éthique. Nous relèverons quelques aspects de son écriture poétique d’après ses brouillons marqués de ratures et de biffures, d’hésitations et de repentirs, de variations de tous ordres : les détours de la simplicité, l’échelle du peu et de « l’amenuisement » (A. M. Jaton), les registres dissonants du raffinement et du bas, la recherche du mot juste.

- Anne-Marie Jaton (Université de Pise) : « Nicolas Bouvier, « je » et « les autres » ».

Exercices de disparition, l’entreprise et l’écriture de Nicolas Bouvier sont centrées certes sur l’amenuisement du moi et sur la recherche de l’effacement, mais en même temps le récit s’ordonne toujours autour d’un « je » tenace et forcément égocentrique, au sens premier. Véritable soleil autour duquel gravitent les innombrables planètes – plus ou moins mineures – des « autres », ce je omniprésent mérite d’être analysé de plus près : comment se concilient, dans les textes, les différentes instances narratives, thématiques et philosophiques qui oscillent entre les forces gravitationnelles du moi et les quasars de l’effacement du moi ? Et comment la planète Bouvier organise-t-elle ses orbites avec les différents astres de l’univers ? Du je aux différents nous et aux multiples autres, le parcours d’un regard complexe sur le monde, contemplé par le petit bout de la lunette.

- Alain Kervern (UBO, Brest) : « Poésie et pèlerinage : le sentiment de l’impermanence dans le Japon ancien ». Deux poètes pèlerins et leur conception de l’universelle précarité de toute chose.

Nicolas Bouvier s’est trouvé une certaine parenté avec Bashô (1644-1694), ce maître de hokku* du XVIIe siècle japonais qui porta ce genre à un haut degré de perfection. Pour Nicolas Bouvier comme pour Bashô, poésie et voyage étaient deux éléments d’une dynamique nourrissant une réflexion sur l’essence du monde.

Nicolas Bouvier prend la route pour, dit-il, « se débarrasser par érosion du superflu, c’est-à-dire de presque tout », et pour « acquérir de la sagesse ». Et il évoque Bashô, chez qui il devine une insatisfaction que ne comble ni présence, ni absence au monde. Le nom de Bashô revient souvent chez Bouvier comme référence dans l’art de faire du voyage une ascèse. Mais pour Bashô, le modèle de la quête poétique et spirituelle, c’est Saïgyô (1118-1190). Et le même décalage se produit entre Bouvier et Bashô, et entre Bashô et Saïgyô.

Si ces deux derniers poètes développent une même esthétique, pénétrée d’un profond sentiment d’impermanence et d’inconstance de toute chose, leur aspiration à un état de détachement que provoque l’approche bouddhique de la nature fait apparaître entre eux des différences fondamentales. Le moine Saïgyô prend le monde tel qu’il est, flottant, perpétuellement changeant, et se sait lui-même plein de contradictions. Poète instable et tourmenté, Bashô, lui, ne renonce à rien, et vit mal ce conflit entre attachement au monde et une errance qu’il voudrait détachée de tout. Entre un modèle connu, Bashô, et un modèle en creux, Saïgyô, où se situait Nicolas Bouvier ?

* terme utilisé à l’époque d’Edo (1600-1867) pour désigner ce qui s’appellera ensuite le « haïku ».

- Nadine Laporte (Université de Pau) : « L’usage du monde, l’usage des livres, pour une littérature vagabonde ».

L’Usage du monde, en dépit des apparences, est un texte que Nicolas Bouvier a travaillé pendant de longues années. On peut le lire comme un véritable art poétique. Mon propos sera de montrer que le texte est, autant qu’un récit de voyage, un vagabondage fructueux entre livres, mots de rencontres, citations de textes connus ou inconnus. Texte hybride ou palimpseste, l’usage du monde inaugure une littérature vagabonde, où l’errance entre les mots, les phrases et les genres sont à l’image du voyage réel : libre, fécond et toujours ouvert au compagnonnage.

- David Le Breton (Université de Strasbourg) : « Usage du monde, usage des sens ».

L’oeuvre de Nicolas Bouvier est sous l’égide d’une sensorialité flamboyante, il s’agit ici de proposer un parcours sur l’usage des sens dans ses récits, sa manière de voir, de sentir, de toucher, d’entendre ou de goûter.

- Michel Le Bris (Morlaix) : « De Robert Louis Stevenson à Nicolas Bouvier : l’usage de la littérature ».

Ce n’est rien de dire que L’Usage du monde à sa parution fut ignoré par la critique, alors furieusement structuraliste et bien sûr arrogante ! Il aura fallu un véritable combat pour le faire lire, enfin – et ce combat fut le fait d’écrivains. Aujourd’hui, la critique salue Nicolas Bouvier comme un des grands écrivains du XXe siècle, mais sans s’interroger jamais sur ce qui l’avait jusque là rendue aveugle à son génie.

De même Robert Louis Stevenson fut au XXe siècle tenu par la même critique, toujours aussi péremptoire, et arrogante, pour un auteur mineur, tout juste bon pour la chambre des enfants, mais fut salué comme un génie de première grandeur par des écrivains aussi divers que Mallarmé, Borgès, Nabokov, Henry James, Alejo Carpentier, W. B. Yeats, Hermann Hesse, Graham Greene, Italo Calvino, et j’en passe. Ce qui nous conduit à nous interroger sur les raisons de ce double aveuglement. Sur ce que la critique refoule, de la littérature, dont elle ne veut (ne peut ?) rien savoir. Sur ce qui toujours sépare la littérature des discours que l’on prétend tenir sur elle.

Cette interrogation aura été l’aventure même d’Etonnants Voyageurs – dont Nicolas Bouvier fut un des piliers…

- Frédéric Lecloux (Montélimar) : « L’Usure du Monde : un an en famille et en images sur les routes de L’Usage du Monde ».

Frédéric Lecloux, photographe à l’agence Vu, a refait en 2005, en famille et en auto, la route de L’Usage du monde, depuis la maison d’Eliane Bouvier à Cologny, jusqu’à la passe de Khyber, pour régler ses comptes avec un livre qui l’a empêché de lire quoi que ce soit pendant dix ans. Une année de route à collecter un peu de cette poésie du monde chère à Nicolas Bouvier, pour au final écrire sa propre partition, avec ses outils et son langage photographique : L’Usure du monde, à paraître aux éditions Le Bec en l’Air début 2008.

- Daniel Maggetti – Stéphane Pétermann (Centre de recherches sur les lettres romandes, Lausanne) : « De la lettre à l’épisode de récit : expérience et (ré)écriture dans Le Poisson-Scorpion ».

S’il a fallu un quart de siècle à Nicolas Bouvier pour achever le récit de son séjour à Ceylan, le voyageur n’a pas manqué de relater de manière plus immédiate, et avec un recul temporel minime, les événements survenus au fil des jours passés à Galle : ses lettres à Thierry Vernet, en particulier, portent la trace vive d’un quotidien suscitant tour à tour la surprise et l’angoisse. A partir de la confrontation d’une de ces missives (que Bouvier a relues au moment de rédiger Le Poisson-Scorpion) avec le récit publié, cette communication se propose d’examiner les divers degrés de la relation entre l’expérience et sa transcription, en mettant en évidence comment cette dernière, soumise à des régimes et à des contraintes différentes, sur le plan de la composition comme sur celui du style, peut restituer des versions parfois éloignées, si ce n’est divergentes, d’un même vécu. Ce constat conduit à interroger le statut du récit de voyage, tout au moins celui du Poisson-Scorpion, où règne une tension constante entre la pulsion autobiographique stricte, et le souci de la « littérarisation » de l’expérience individuelle.

- Marlyse Piétri (éditions Zoé, Genève).

- Ingrid Thobois (Paris) : « En voyage sur la route de L’Usage du monde. Une expérience singulière de passage « derrière le miroir » de l’oeuvre de Nicolas Bouvier ».

Ingrid Thobois, romancière (Le roi d’Afghanistan ne nous a pas mariés, Phébus, Prix du premier roman 2007), est partie en 2001-2002 pour un voyage d’un an sur la route de L’Usage du monde… Pas à pas sur les traces fictionnelles de la réalité ? Pas à pas sur les traces réelles de la fiction ? Pourquoi, comment, et quelles conséquences à s’aventurer dans l’envers de l’œuvre de Nicolas Bouvier ?



Notre-Présidente-d-’-honneur

Madame Eliane Bouvier, notre Présidente d’honneur.

La photographie est de Fréderic Lecloux.

eliane1.jpg



Présidente-et-membres-d-’-honneur

La Présidente d’honneur de l’association L’Usage du monde est Madame Eliane Bouvier.

Ont accepté d’être membres d’honneur : Marlyse Pietri (responsable des éditions Zoé) et Michel Le Bris (directeur du Festival des Etonnants Voyageurs de Saint-Malo).



Qui-sommes-nous-?

Cet amour du voyage, ainsi que cette leçon pleine d’humanisme, l’association L’Usage du monde les a fait siennes.

Notre association est née de la volonté de quelques amis de réunir des passionnés de littérature de voyage, de l’ailleurs et de l’aventure.

Nous organiserons d’avril à juin 2008 une exposition et un colloque à caractère international, ainsi qu’une pièce de théâtre et un spectacle de musique, pour rendre hommage à cet immense écrivain voyageur disparu il y a bientôt dix ans.




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